Platero

Platero y yo - Editorial Juventud

Platero et moi. Juan Ramon Jiménez

Paysage écarlate

Devant le crépuscule je demeure en extase. Platero, dont les yeux noirs se teignent d’écarlate solaire, gagne d’un pas paisible une mare carmin, rose violette ; son mufle plonge voluptueusement dans les miroirs, qui semblent se liquéfier à ce contact ; et dans sa gorge énorme passe comme un torrent profus d’eaux sanguines et ombreuses.

L’endroit est familier, mais l’instant le métamorphose et le rend insolite, délabré, monumental. On s’attendrait à découvrir à chaque instant quelque palais abandonné…

– En avant Platero…

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