Le temps a laissé son manteau.

 

 

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

Il n’y a beste ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie ;
Le temps a laissié son manteau.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d’argent d’orfaverie,
Chascun s’abille de nouveau :
Le temps a laissié son manteau.

*****

Le temps a laissé son manteau.
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête, ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie,
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.

***

Poème de Charles d’Orléans
(1394-1465)

chanté par Polnareff.

Polnareff

La première lumière

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La première lumière
De l’or dans les pupilles
Du désir de la terre

S’éparpille la rivière
Au milieu des jonquilles
La première lumière

Sur la branche un pivert
Tous les oiseaux babillent
Le désir de la terre

Partout le bleu le vert
M’enlacent en rêverie
La première lumière

Mille et une prières
Et dans mon coeur j’envie
Le désir de la terre

Les arbres sont couverts
D’une belle poussière
La première lumière
Du désir de la terre.

Sous tes étoiles blanches.

sous tes étoiles blanches
tends-moi ta blanche main.
mes mots qui sont des larmes
dans ta main désirent repos.
vois leur éclat s’assombrir
sous mon regard encavé,
aucun abri je ne trouve
pour en retour te les offrir.

mais je voudrais, dieu familier,
te léguer mes possessions,
car en moi brûle un feu
et en le feu mes journées.
toujours entre caves et trous
pleure ce calme meurtrier.
grimpant plus haut – dessus les toits
je te recherche : où es-tu, où ?

me pourchassent avec démence
arrière-cours, escaliers criards.
pendu en corde de violon rompue
pour toi pourtant je chante encore :
sous tes étoiles blanches
tends-moi ta blanche main.
mes mots qui sont des larmes
dans ta main désirent repos.

(Avrom Sutzkever 1913-2010, poète témoin yiddish)

Unter dayne vayse shtern est écrit dans le Ghetto de Vilno 1941-1944

 

Grand-mère

Je raconterai à une petite fille le conte merveilleux.
Je lui dirai : il était une fois…
Et nous voyagerons ensemble au pays de Cocagne.
Dans ses yeux brilleront les étoiles que tu as allumées sur notre route
Elle lèvera ses yeux vers l’Azur
Un ballon bleu dans ses mains.
Je lui dirai : écoute la vague,
Ecoute l’océan
-Vois-tu la mouette traverser l’infini?
Son beau regard tourné vers moi, elle dira :
-J’aime ton sourire grand-mère, je vois des tournesols dans tes yeux
-Qui les a semés?
-Qui les a arrosés?
-Qui en a pris soin?
-Et toutes les roses de ton jardin, d’où viennent-elles?
-Petite, les poètes me les ont offertes pour charmer les hirondelles.
-Tu sais grand-mère, j’ai vu de drôles d’animaux danser dans la lumière, certains ressemblaient aux nuages que j’aime regarder quand la nuit descend et qu’ils s’illuminent du soleil couchant. Ils m’ont dit que tu aimais leur compagnie, que tu partais avec eux parfois, quand la musique se faisant tendre, que tu empruntais l’aile de la colombe alors que  scintillaient plus bas dans la vallée la rivière aux perles de pluie.
-Grand-mère, l’un d’eux m’a chuchoté que vous vous étiez aimés, aux confins de la Terre de Jade et de la Constellation du Cygne : grand-mère, est-ce pour ça que tu m’appelles mon Ange, ma Douceur, ma Tendresse?
-Grand-mère, raconte, raconte encore, j’aime ton histoire qui me fait princesse de ton coeur. Ouvre le livre d’où s’échappent tous ces papillons multicolores.
-Lis pour moi, l’histoire de l’humble ver-de-terre, l’histoire de l’arbre aux feuilles frémissantes dans la lumière, celle de la majestueuse baleine dans les eaux profondes  ou celle du renard mystérieux.
-Grand-mère, je vois une Dame aux pieds de laquelle est couchée une Licorne, elle écoute aussi, elle écoute et l’amour se lit dans ses yeux. La Dame parle d’un Chaman.
Grand-mère, prends-moi dans tes bras, allons écouter l’histoire…

Bashô

Sentier de montagne
Violette-un charme
Venu on ne sait d’où.

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やまじ きて            yamaji kite
なにやら ゆかし   naniyara yukashi
すみれぐさ              sumiregusa

Haïkus et notes de voyages   Nozarashi Kikô

Premier sourire du printemps (Théophile Gautier)

Arbrealettres


cerf boire e [800x600]

Premier sourire du printemps

Tandis qu’à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges,
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un…

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