Photographe poète. 15 sept.29-11nov.17

Le photographe Marcel Imsand (15 sept.29-11nov.17) est décédé samedi à Lausanne à l’âge de 88 ans.

« Au détour d’un chemin, ce jour gris de 1970… »

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« Fils d’ouvrier et d’une employée de chocolaterie, Marcel Imsand est né le 15 septembre 1929 à Pringy, dans la Gruyère fribourgoise. Il choisit un apprentissage de mécanicien de précision à St-Aubin (NE) et exerce sa profession dans divers ateliers. A 35 ans, marié, père de trois enfants, il prend le risque de vivre de la photographie pratiquée en autodidacte. Il s’établit au cœur de Lausanne. »

« Son décès intervient peu de temps après la mort de sa femme. »

https://www.letemps.ch

déces M.Imsand

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Correspondance

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« Le bonheur que tu me donnes en existant par le seul fait que tu existes (près ou loin) est grand mais je dois l’avouer un peu vague, un peu abstrait et l’abstraction n’a jamais comblé le cœur d’une femme, ou du moins moi »

Maria Casarès 6 août 48

Correspondance entre Maria Casarès et Albert Camus 1944-1959. 

(  Gallimard)

 

 

https://www.rtbf.be/culture/litterature/detail_l-amour-en-toutes-lettres-entre-albert-camus-et-maria-casares?id=9759910

Le balancier du ciel

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Les miroirs de l’Univers
T’affolent
Multiplient les images
Multiplient les visages
Multiplient les échos.
Murmures
Chants
Cris
Hurlements
Ricanements

Ici
Là Là-bas
Les démons t’assaillent de tous côtés
Frappent tes yeux
Trompent tes sens
Tu bondis
Mais les miroirs bondissent avec toi
T’épient
T’interrogent

Combien sommes-nous ?
Assurément des milliers
Des millions
Multitude infinie
Un seul pourtant
Pour tenter d’échapper à ce piège diabolique
Ronde infernale

Un seul pour troubler l’eau des miroirs
Un seul à déchirer l’espace
De sauts désordonnés
Fuyant son reflet
Répété à l’infini

Arrête-toi
Calme ton souffle
Approche-toi du miroir
Lentement
Reste immobile
A la frontière
Toi et ces milliers d’autres
Confondus en un seul
Plus de reflet
Plus d’ombre
Rien qu’un miroir
Sphérique comme un soleil
Matrice de lumière

Eternité en suspension
Entre deux battements d’ailes
Attente d’une respiration
Appel d’une caresse
Pour réveiller la musique
Offrande au Prince
Don de son corps
A l’espace apaisé

Prière d’amour
Chant de beauté qui te porte
T’emporte au-delà du rêve
Vers le réel
La danse se déploie
Féconde l’espace

Le Temps éclate en parcelles d’éternité
Libérant la lumière
L’Univers s’enfante de sa substance
Lentement commence le mouvement essentiel
Oscillations à l’infini
Du balancier du ciel

Tapisserie Jean Picart le Doux

Emile Verhaeren (1855-1916)

Avec mes vieilles mains…

Avec mes vieilles mains de ton front rapprochées
J’écarte tes cheveux et je baise, ce soir,
Pendant ton bref sommeil au bord de l’âtre noir
La ferveur de tes yeux, sous tes longs cils cachée.

Oh ! la bonne tendresse en cette fin de jour !
Mes yeux suivent les ans dont l’existence est faite
Et tout à coup ta vie y parait si parfaite
Qu’un émouvant respect attendrit mon amour.

Et comme au temps où tu m’étais la fiancée
L’ardeur me vient encor de tomber à genoux
Et de toucher la place où bat ton coeur si doux
Avec des doigts aussi chastes que mes pensées.

Avec mes sens, avec mon coeur …

Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t’aime et te louange et je te remercie
D’être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,
Je sais, oh ! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier les flammes ;
Toute ma chair, toute mon âme
Monte vers toi, d’un inlassable élan ;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s’emplir,
Délicieusement, d’inoubliables larmes.

Et je m’en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d’être à jamais celui
Qui t’est et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie ;
Tout écho de mon être à ton appel répond ;
L’heure est unique et d’extase solennisée
Et mes doigts sont tremblants, rien qu’à frôler ton front,
Comme s’ils y touchaient l’aile de tes pensées.

***

Verhaeren est né à Saint-Amand (en néerlandais : Sint-Amands)

en Belgique, au bord de l’Escaut, dans une famille aisée où l’on parlait le français, tandis qu’au village et à l’école régnait le flamand. Il fréquenta d’abord l’internat francophone Sainte-Barbe, tenu par des jésuites à Gand, puis il étudia le droit à l’université catholique de Louvain. C’est là qu’il rencontra le cercle des écrivains qui animaient La Jeune Belgique et il publia en 1879 les premiers articles de son cru dans des revues d’étudiants.

Wiki, biographi.

Buste en bronze d’Emile Verhaeren, square Saint-Séverin, Paris 75005.

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Carmen

Dans les années 1820, Carmen jeune et jolie gitane employée à la manufacture de cigares de Séville, jette au brigadier des Dragons nommé Don José, une fleur qu’elle a mordu… « Si je t’aime, prends garde à toi !! ».
Lors d’une querelle entre les cigarières, la force armée intervient et Don José cédant au charme de Carmen, favorise sa fuite. Emprisonné à cause de cette complaisance, le brigadier, une fois libéré, compromet sa carrière en se battant avec son supérieur, quitte le droit chemin et rejoint son aimée complice des contrebandiers dans la montagne proche.
Cependant, Carmen aime désormais un autre homme, Escamillo, un célèbre toréador et l’annonce à Don José… Malgré les supplications de ce dernier, Carmen reste insensible et le rejette avec des mots durs. Finalement, tout près de l’arène où triomphe Escamillo, Don José tue Carmen.

 

Toréador en garde
Toréador, toréador!
Et songe bien, oui, songe en combattant
Qu’un oeil noir te regarde
Et que l’amour t’attend,
Toréador!
L’amour, l’amour t’attend
Tout d’un coup on fait silence
On fait silence, ah, que se passe t’il?
Plus de cris, c’est l’instant
Plus de cris, c’est l’instant
Le taureau s’élance en bondissant hors du toril
Il s’élance, il entre, il frappe,
Un cheval roule, entraînant un picador
« ah! bravo! toro! » hurle la foule
Le taureau va..il vient..il vient et frappe encore!
En secouant ses banderilles
Plein de fureur il court,
Le cirque est plein de sang!
On se sauve, on franchit les grilles

C’est ton tour maintenant,
Allons! en garde! allons! allons! ah!
Toréador en garde!
Toréador, toréador!
Et songe bien, oui, songe en combattant
Qu’un oeil noir te regarde,
Et que l’amour t’attend,
Toréador,
L’amour, l’amour t’attend!
Toréador, l’amour t’attend!
L’amour t’attend!

 

Air de Carmen

 

L’amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c’est bien en vain qu’on l’appelle
S’il lui convient de refuser
Rien n’y fait, menaces ou prières
L’un parle bien, l’autre se tait :
Et c’est l’autre que je préfère
Il n’a rien dit mais il me plaît
L’amour ! L’amour ! L’amour ! L’amour !
L’amour est enfant de Bohême
Il n’a jamais, jamais connu de loi
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime
Si je t’aime, prends garde à toi !
Si tu ne m’aimes pas
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime !
Mais, si je t’aime
Si je t’aime, prends garde à toi !
L’oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l’aile et s’envola …
L’amour est loin, tu peux l’attendre
Tu ne l’attends plus, il est là !
Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s’en va, puis il revient…
Tu crois le tenir, il t’évite
Tu crois l’éviter, il te tient
L’amour ! L’amour ! L’amour ! L’amour !
L’amour est enfant de Bohême
Il n’a jamais, jamais connu de loi
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime
Si je t’aime, prends garde à toi !
Si tu ne m’aimes pas
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime !
Mais, si je t’aime
Si je t’aime, prends garde à toi !

Paroles de la « Chanson bohème »

Les tringles des sistres tintaient
avec un éclat métallique,
et sur cette étrange musique
les zingarellas se levaient.
Tambours de basque allaient leur train,
et les guitares forcenées
grinçaient sous des mains obstinées,
même chanson, même refrain,
même chanson, même refrain,
Tra la la la

Les anneaux de cuivre et d’argent
reluisaient sur les peaux bistrées;
d’orange ou de rouge zébrées
les étoffes flottaient au vent.
La danse au chant se mariait,
La danse au chant se mariait,
d’abord indécise et timide,
plus vive ensuite et plus rapide..
cela montait, montait, montait, montait!
Tra la la la

Les Bohémiens, à tour de bras,
de leurs instruments faisaient rage,
et cet éblouissant tapage
ensorcelait les zingaras.
Sous le rythme de la chanson,
Sous le rythme de la chanson,
ardentes, folles, enfiévrées,
elles se laissaient, enivrées,
emporter par le tourbillon

 

 

 

Haïkus

 

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De temps en temps
Les nuages nous reposent
De tant regarder la lune.

***

Ce couchant d’automne
On dirait
Le Pays des ombres.

Haïkus
Matsuo Bashõ (1644–1695)

***

Pour celui qui part
Pour celui qui reste,
Deux automnes.

***

Soir d’automne,
Il est un bonheur aussi
Dans la solitude.

Haïkus
Yosa Buson (1716-1783)

Mirabelle mère poule

Sous l’aile de Mirabelle !

Comme un cheveu

Les forêts revêtent leurs plus belles couleurs
Quand arrive novembre, au milieu de l’automne.
Il faut en profiter car vite le glas sonne
Pour les feuilles des arbres au pic de leur splendeur.

Aussi une famille, la journée du seigneur,
Délaisse son salon pour les allées piétonnes
Qui traversent les bois, bien que leur fils ronchonne
Car il voulait jouer sur son ordinateur.

L’enfant traîne les pieds pour suivre mère et père
Si bien qu’à un moment il perd ses seuls repères.
Ils sont déjà trop loin quand il crie « Au secours ! ».

Après avoir marché jusqu’à la nuit obscure
Il s’endore épuisé au bord d’une pâture,
Mirabelle le couve en attendant le jour.

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